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Communiquer...et se comprendre

Communiquer...et se comprendre

À partir du 25/04/2023

La CNV ou "communication non violente" est l'outil idéal pour réussir à se dire les choses et à s'entendre. Dans le milieu coopératif, elle est peut-être l'un des piliers de la réussite des projets ! Zoom sur cette méthode de communication basée sur le respect de soi et des autres.

La CNV ou "communication non violente" est l'outil idéal pour réussir à se dire les choses et à s'entendre. Dans le milieu coopératif, elle est peut-être l'un des piliers de la réussite des projets ! Zoom sur cette méthode de communication basée sur le respect de soi et des autres.

Propos recueillis par Véronique Bourfe-Rivière

Vignette Actu - Communiquer et se comprendre (CNV)Vignette Actu - Communiquer et se comprendre (CNV)

La communication non violente est une méthode de communication formalisée par le psychologue américain Marshall Rosenberg, basée sur la philosophie de l’ahimsa (littéralement « communiquer avec l’autre sans lui nuire ») et appliquée par Gandhi. Ahimsa fait aussi référence à un espace où notre cœur est non « blessable » ; ce qui se passe quand je réalise que celui qui m’a blessé tentait en fait, parfois maladroitement, de s’occuper de ses aspirations… Elle vise à instaurer entre les êtres humains des relations fondées sur le respect de soi et des autres. Exit les joutes verbales, les « j’ai raison, tu as tort ». L’autre n’est pas regardé comme un ennemi sur lequel prendre le dessus. « On crée le climat qui va permettre l’expression de chacun pour créer des relations authentiques et harmonieuses », commente la formatrice Nathalie Gay.

Les techniciens de la CNV vous parleront des quatre étapes ou de l’OSBD : Observer sans juger, dire son Sentiment, exprimer son Besoin puis une Demande.

Exemple : quand je pense à la discussion de ce matin pendant laquelle personne ne m’a demandé mon avis, je me sens triste et en colère. J’ai besoin de sentir que je compte dans mon équipe, je vais aller en parler à mon responsable et lui proposer mes solutions. La demande s’exprime « de façon positive, concrète, réalisable et au présent, détaille le Dr Anne van Stappen, formatrice en CNV et auteur du petit carnet Je m’exprime avec fermeté et bienveillance (Éd. Jouvence). Elle implique une personne et lui laisse le choix quant à sa réponse, affirmative ou négative. » Les problèmes relationnels ne surviennent pas au niveau des besoins apparents des uns et des autres, mais au niveau des stratégies employées pour les assouvir. Savoir repérer son émotion, puis son besoin profond et formuler une demande positive peut tout changer.

Photo d'illustration - CNV ©Aurélie de la PontaisPhoto d'illustration - CNV ©Aurélie de la Pontais

©Aurélie de la Pontais

Dahlia

Alternatiba Paris Activisme et bienveillance

« La CNV est un outil structurant, nécessaire dans un collectif de 150 personnes comme le nôtre. Il nous permet de réguler sainement les échanges, de désamorcer certaines situations. La santé du groupe passe par le dialogue. Au début d’une réunion, on se dit toujours quelles sont nos attentes. La CNV est une méthode pour accueillir les choses avec sérénité même en situation de tension ; c’est un état d’esprit. Il s’agit de respecter l’autre pour ce qu’il est, personne ne gagne ni ne perd. Dans nos actions, on ne s’oppose pas aux policiers ou aux personnes impactées par nos blocages, on vient défendre nos valeurs en toute légitimité. Nous incarnons la non-violence sans insulte ni jugement. »

L'intention d'abord

Anne van Stappen nuance. « Il y a une façon de parler, certes, mais la CNV ne se résume pas à une technique ; c’est un art de vivre, un travail de conscience : quels sont mes vécus, et ceux de l’autre ? Beaucoup de gens s’accrochent à cette technique en quatre étapes, sans être dans leur cœur. Alors que tout est dans l’intention. La CNV consiste à montrer son humanité et à accueillir celle de l’autre. C’est “avant” les mots ! »

Selon elle, également auteure du best-seller Ne marche pas si tu peux danser, on peut donc avoir une maîtrise de cette linguistique et être violent. « La CNV, c’est plutôt apprendre à se taire ! Elle donne une assise et un calme ; je parle d’ailleurs souvent de yoga de la relation. » Une image qui parle tout à fait à Dahlia, militante d’Alternatiba Paris, ce mouvement citoyen pour la justice sociale et climatique qui mène des marches et autres actions de désobéissance civile (lire ci-contre). Par ailleurs psychologue et pratiquante de yoga, ce qui lui semble fondamental, c’est l’absence de jugement : « Respecter et honorer l’autre pour ce qu’il est… Je m’en sers dans ma vie militante, comme dans ma vie professionnelle et personnelle. »

Dans le milieu agricole aussi

Assez logiquement, cette forme de communication est utilisée dans les mouvements collectifs, par exemple dans les fermes collectives, comme le raconte Maëla Naël, auteure de Fermes collectives, le guide (très) pratique (Éd. France agricole). Ce type de ferme rassemble une diversité de personnes et souvent une diversité d’activités agricoles sur un même lieu. Quel que soit le niveau d’entraide ou de mutualisation, « la communication y est centrale, souligne Maëla Naël qui a rencontré et suivi plusieurs fermes collectives lorsqu’elle accompagnait les installations agricoles en Île-de-France, puis lors de la rédaction de son livre. Une ou deux fois par an, elles organisent des journées de prise de recul. La CNV fait partie de leur fonctionnement, elle est même centrale, car il y a plein de moments de petites tensions. L’outil évite les ruptures. Si la CNV est adoptée depuis le début d’un projet, il a clairement plus de chances d’aboutir… et de durer. Chacun exprime ses limites, ses besoins, définit les contours de la ferme pour s’y sentir bien. La CNV permet de prendre le temps de trouver un équilibre entre l’individu et le groupe. Elle évite d’aller dans le mur avec ce fantasme du collectif. » L’outil est précieux y compris pour conduire les projets en entreprises classiques. Mais, regrette Nathalie Gay, dont le métier est de les accompagner, « les émotions des collaborateurs y sont souvent tabou. Alors qu’elles représentent une véritable intelligence ».

Ce que confirme Sylvie Moulaire, gérante de deux magasins Biocoop (voir ci-dessous). « Nous apportons beaucoup d’attention à ce que chacun puisse “se dire”. C’est peut-être une vision un peu idéaliste de l’entreprise. Mais il y a une réelle cohésion dans nos équipes ! » –

Photo d'illustration - Sylvie MoulairePhoto d'illustration - Sylvie Moulaire

La façon de la dire

« Tout peut se dire, mais il y a des façons de le faire, assure Sylvie Moulaire, gérante des magasins Biocoop de Rousset et de Trets (Bouches-du-Rhône). Nous avons 20 salariés. Pour nous, le bien-être au travail n’est pas juste un mot. Après le Covid, nous avons organisé une journée au vert pour l’équipe, avec initiation à la CNV. J’ai pu construire la formation avec Nathalie Gay, la formatrice, en fonction de nos besoins. Deux heures de petits jeux expérimentaux qui nous ont amenés à mieux nous comprendre. Désormais, la façon dont on se parle est différente. On pose notamment les points de tensions en équipe, sans laisser traîner. »

Article extrait du n°128 de CULTURE BIO, le mag de Biocoop, distribué gratuitement dans les magasins du réseau, dans la limite des stocks disponibles.

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